Tribune: Que cesse le calvaire de l’historien marocain Maâti Monjib!

Alors que l’historien marocain Maâti Monjib vient d’entreprendre une nouvelle grève de la faim pour « attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le calvaire qu’il subit depuis de nombreuses années », Abdellatif Laâbi, Noam Chomsky, Gilles Perrault, Richard Falk et plusieurs personnalités expriment leur solidarité « dans le combat qu’il mène pour faire cesser le harcèlement qu’il subit, les atteintes ignominieuses à sa dignité d’homme… »

Après la grève de la faim qu’il avait menée en 2015 et qui avait duré près d’un mois, l’historien marocain Maâti Monjib vient d’entreprendre une autre de trois jours pour attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le calvaire qu’il subit depuis de nombreuses années : une mise à mort lente, programmée par les services aux ordres du pouvoir politique qui ont déclaré une guerre sans merci à toutes les voix qui s’élèvent au Maroc (voir ici ou ) pour dénoncer l’arbitraire, la répression des mouvements de protestation sociale, l’étau qui se resserre de plus en plus sur les libertés, notamment celle de la presse.

Le crime de Maâti Monjib, auteur de plusieurs ouvrages et de dizaines d’articles scientifiques, est d’être l’une de ces voix qui ont une forte résonance tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.

Voilà pourquoi il fait l’objet d’un harcèlement policier, médiatique et judiciaire permanent, d’une campagne soutenue de diffamation où aucun délit ne lui est épargné : « atteinte à la sécurité nationale, affaiblissement de l’allégeance des citoyens aux institutions, espionnage et réception de fonds de l’étranger, blanchiment d’argent, relations sexuelles extra-conjugales et homosexuelles », etc.

En outre, ce harcèlement s’opère avec les moyens les plus sophistiqués de violation de sa vie privée et s’étend aux membres les plus proches de sa famille. Signalons enfin la mesure administrative qui l’a privé d’exercer son travail d’enseignant-chercheur aux universités.

Nous, signataires de ce texte, exprimons notre vive solidarité avec Maâti Monjib dans le combat qu’il mène pour faire cesser le harcèlement qu’il subit, les atteintes ignominieuses à sa dignité d’homme et à sa probité morale et intellectuelle.

Nous dénonçons avec la même vigueur les nouvelles méthodes qui, en plus des anciennes, sont utilisées par les autorités marocaines pour s’attaquer aux libertés et contrer toute voix qui ose dénoncer les méfaits et les turpitudes d’un système sourd et aveugle aux aspirations d’une large partie du peuple marocain à la justice sociale et aux droits et libertés que lui conférerait une citoyenneté pleine et entière.

Signataires :

Abdellatif Laâbi, écrivain et poète
Noam Chomsky, professeur émérite MIT
Gilles Perrault, écrivain
Richard Falk, professeur émérite Université de Princeton, ancien rapporteur de l’ONU sur Gaza
Abdellah Hammoudi, anthropologue, professeur émérite à l’Université de Princeton
Marie-Christine Vergiat, militante des droits de l’Homme. Députée européenne de 2009 à 2019
René Gallissot, historien, professeur émérite d’Université
Ignace Dalle, écrivain, ancien directeur du bureau de l’AFP à Rabat
Jean-Louis Roumégas, ancien député
Pierre Vermeren, historien
Gustave Massiah, économiste
Gilles Manceron, historien
Bernard Dreano, président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale, porte parole du réseau international Helsinki Citizens
Fatou Sow, sociologue, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
Louis Adam, commissaire aux comptes, membre du CEDETIM
Pedro Vianna, poète, homme de théâtre, enseignant universitaire
Claude Szatan, membre du CEDETIM

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