CHRONOLOGIE DES ATTAQUES CONTRE MONJIB

  • 2013-2014 : vol de documents dans son bureau, plusieurs visites de provocation d’agents d’autorités, des campagnes de diffamation, une dizaine de conférences interdites, piratage du site internet de l’Amji (contenu remplacé par des photos et vidéos pornographiques), agression de son collègue, Hicham Mansouri, (directeur de programmes d’Amji) par deux inconnus dans la rue, etc. ;
  • Mars 2015 : emprisonnement de son collègue, Hicham Mansouri pour adultère, accusation montée de toutes pièces (10 mois de prison) ;
  • Le 15 juillet 2014, le ministre de l’Intérieur marocain Mohamed Hassad ouvre le feu sur les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l’Homme. Il a déclaré que les efforts des services de sécurité se trouvaient confrontés aux « comportements de certaines associations »  qui « s’activent sous couvert de défense des droits de l’Homme » pour mener des actions répondant uniquement aux agendas des pays étrangers en utilisant des dons provenant de l’étranger. Cette déclaration, qui fait un lien direct entre  terrorisme et défense des droits humains, vise à préparer l’opinion publique à la répression qui va suivre sous prétexte de protéger la sécurité intérieure et l’intégrité territoriale ;
  • Août 2015 : Monjib est poursuivi pour « atteinte à la sécurité nationale » et « réception de fonds de l’étranger » avec six autres journalistes et activistes, dans le cadre des activités d’Amji. D’une audience à l’autre, le procès est sans cesse reporté et Maâti Monjib a toujours assisté aux « audiences » ;
  • Août 2015 : interdiction de quitter le territoire et enquête préliminaire contre Monjib accusé d’affaiblir l’allégeance des citoyens aux institutions » ;
  • Octobre 2015 : début d’une grève de la faim illimitée de Monjib ;
  • 29 octobre 2015 : Levée de l’interdiction de quitter le territoire suite à la grève de la faim qui a duré 24 jours et à une forte solidarité nationale et internationale  ;
  • Février-mai 2019 : Les autorités tentent de radier Monjib de son poste d’enseignant chercheur pour « abandon de poste » alors qu’il  participait en qualité de rapporteur à la soutenance d’habilitation à diriger les recherches (HDR) de Mounia Bennani-Chraïbi à l’École normale supérieure (ENS), à Paris. Tentative échouée suite à une mobilisation de la communauté académique nationale et internationale ;
  • 2019 : un média du régime diffame l’épouse de Monjib en l’accusant de détourner 800 millions de centimes ;
  • Octobre 2019 : L’ONG Amnesty International publie un rapport technique dans lequel elle révèle que le téléphone de Maâti Monjib (et d’autres personnes comme le journaliste Omar Radi aujourd’hui en prison) a été espionné par injection de trafic réseau, au moins depuis 2017, par le logiciel espion israélien Pegasus de NSO Group.
  • Janvier 2020 : des « sources sécuritaires » menacent Monjib (via des sites proches du régime) de le poursuivre pour blanchiment d’argent et de saisir ses biens. Monjib répond en disant qu’il s’agit d’une non-dénonciation de crime ;
  • Été 2020 : Alors qu’il part en France pour visite familiale, Monjib est diffamé par les médias du régime qui annoncent qu’il « a fui le pays ». Un de ces médias (Chouf TV) a publié une photo de Monjib prise à sa sortie de l’aéroport. Un de ces médias a également publié l’adresse où vit sa fille (mineure) en France ;
  •  Monjib nie cette  information dans un entretien critique avec Orient XXI  et retourne au Maroc malgré les menaces pour l’inciter à ne plus revenir. Entre temps, il critique le rôle de plus en plus fort des services secrets dans la gestion des affaires politiques (France 24 et RFI) ;
  • Octobre 2020 : Monjib est accusé avec des membres de sa famille de blanchiment d’argent. Il est convoqué plusieurs fois pour enquête par le juge d’instruction et s’y rend à chaque fois ;
  • 29 Décembre 2020 : arrestation forcée de Maâti Monjib dans un restaurant par des policiers en civil. Ce n’est que le lendemain qu’il a pu avoir ses médicaments  (M. Monjib est diabétique et cardiaque).
  • Entre 2015 et 2020 : le comité de soutien à Monjib a recensé environ 1000 articles diffamatoires à son encontre (en plus des accusations officielles, les médias du régime ajoutent d’autres accusations : mœurs, espionnage, trahison, etc.). Les articles vont parfois jusqu’à des menaces de mort. Agorapresse l’accuse, par exemple, d’« avoir des relations sexuelles extraconjugales avec une russe » en donnant à celle-ci un prénom à la tonalité juive, et affirme, menaçant, que rien que pour cela « Daech vous aurait fusillé ». Cawalisse, une autre officine des services, l’accuse d’être « un adepte féroce de l’homosexualité ». Les campagnes viennent souvent en réponse aux articles, déclarations et prises de position de Monjib (il est membre des comités de soutien des journalistes emprisonnés Omar Radi, Soulaimane Raissouni, Taoufik Bouahcrine, Hajar Raissouni, etc.). Comme l’écrit Salah Elayoubi, « son nom et celui de plusieurs autres journalistes ou activistes salis et traînés dans la boue, par plusieurs organes de presse, au service du Makhzen qui qualifient Monjib d’ennemi public numéro 1.  En réaction, 110 journalistes professionnels avaient appelé, le  16 juillet 2020, les autorités marocaines à prendre des mesures contre les « médias de diffamation »  qui calomnient toute voix critique ».

Monjib est également interdit de conférences académiques publiques d’enseignement depuis 2015 et le régime met la pression sur les institutions étrangères qui le sollicitent (parfois en usant d’accusations mensongères). Il est parfois (2018-2019) contraint d’encadrer des doctorants en cachette.

SOUTIENS À MAÂTI MONJIB :

Si Maâti Monjib est resté libre depuis 2013 et jusqu’au 29 décembre 2020 c’est grâce à un soutien national et international de taille (ONG, personnalités politiques, communauté académique, médias etc.).

  • ONG : HRW, AMNESTY, RSF, CPJ, ASF, FLD, FIDH, LDH, etc.
  • Personnalités politiques et  communauté académique :
  • Noam Chomsky, professeur émérite, Massachusetts Institute of Technology (MIT)
  • Abderrahman Youssfi (1924 – 2020), ancien premier ministre marocain
  • Mohamed Bensaïd Aït Idder, résistant et homme politique marocain (1925 -)
  • Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU)
  • Abdellatif Laâbi, écrivain et poète
  • Gilles Perrault, écrivain
  • Richard Falk, professeur émérite Université de Princeton, ancien rapporteur de l’ONU sur Gaza
  • Abdellah Hammoudi, anthropologue, professeur émérite à l’Université de Princeton
  • Marie-Christine Vergiat, militante des droits de l’Homme. Députée européenne de 2009 à 2019
  • René Gallissot, historien, professeur émérite d’Université
  • Ignace Dalle, écrivain, ancien directeur du bureau de l’AFP à Rabat
  • Jean-Louis Roumégas, ancien député
  • Pierre Vermeren, historien
  • Gustave Massiah, économiste
  • Gilles Manceron, historien
  • Bernard Dreano, président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale, porte-parole du réseau international Helsinki Citizens
  • Fatou Sow, sociologue, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Quelques exemples sur le recours aux motifs de droit commun et aux accusations sécuritaires pour cibler les opposants, journalistes et activistes. Nous nous sommes limités aux cas les plus récents et les plus médiatisés (pour plus d’informations, lire « Maroc, cette stratégie sexuelle qui lamine les journalistes » dans Orient XXI)

  • Hajar Raissouni (journaliste) et son fiancé, Rifaat Al-Amine (militant) : un an de prison pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage » (graciés au bout de 47 jours d’incarcération par le roi grâce à une forte campagne de soutien à l’échelle planétaire)
  • Omar Radi (journaliste), “ivresse sur la voie publique”, “atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat et viol et attentat à la pudeur” (incarcéré depuis le 5 juillet 2020)
  • Hamid El Mahdaoui (journaliste), « “non-dénonciation d’une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l’Etat” (il a passé 3 ans de prison ferme entre 2017 et 2020)
  • Nasser Zafzafi et les militants du Rif : atteinte à la sûreté interne de l’Etat
  • Rachid El Belghiti (journaliste), chèque sans provision (arrêté puis libéré)
  • Soulaiman Raissouni (journaliste/rédacteur en chef), « viol avec violence et séquestration » (incarcéré depuis le 22 mai 2020)
  • Taoufiq Bouaâchrine (journaliste/directeur de publication), « viol, tentative de viol et traite d’êtres humains ». Condamné à douze ans de prison avant de voir sa peine augmentée à quinze ans en appel (incarcéré depuis le 23 février 2018)
  • Hicham Mansouri (journaliste, en exil après fin de la première peine), « adultère » puis « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat » (10 mois de prison)
  • Samad Ait Aicha (journaliste, en exil), « atteinte à la sûreté interne de l’Etat (procès reporté depuis 2015)
  • Hisham Almirat (Médecin/formateur, en exil), : « atteinte à la sûreté interne de l’Etat » (procès reporté depuis 2015)
  • Mohamed Saber (acteur associatif) : « atteinte à la sûreté interne de l’Etat » (procès reporté depuis 2015)
  • Maria Moukrim (journaliste/directrice de publication), « réception / non-déclaration de fonds étrangers » (procès reporté depuis 2015)
  • Rachid Tarik (journaliste), « réception / non-déclaration de fonds étrangers » (procès reporté depuis 2015)
  • Ali Anouzla (journaliste et directeur de Lakome2), « apologie au terrorisme » (2013-aujourd’hui).

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