Maroc: Politologue vs police politique

 

Salah Elayoubi

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Les tyrans pensent toujours pouvoir tromper leur opinion publique et passer sous les radars de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’Homme,  en maquillant leur coercition de fallacieux prétextes. Dans son proverbial aveuglement, le Makhzen s’éprouve maître dans l’art du travestissement. Et peu lui importe qu’il soit cousu d’un fil si blanc qu’il en devient  grossier : complot contre la sécurité de l’Etat, voies de faits contre agents de l’autorité,  dans l’exercice de leurs fonctions, atteinte à l’honneur d’un corps constitué, refus d’obtempérer, rébellion,  diffamation, Intelligence avec une puissance étrangère, attentat à la pudeur, viol………..Toutes ces accusations ont, un jour ou l’autre, été portées contre des militants des droits de l’homme, des journalistes, des penseurs ou contre de simples citoyens manifestant pour leur légitime dignité. Après les affaires de mœurs imputées aux journalistes comme Zineb El Rhazoui, Hajar Raissouni et les viols imputées à Taoufik Bouachrine, Soulaimane Raissouni et Omar Radi, le Makhzen expérimente, à présent, la case blanchiment de capitaux.

La souricière

29 décembre 2020, 15.00, Rabat. Abdellatif El Hamamouchi, journaliste indépendant,  revient à l’ « Aya Rosa », un restaurant de l’Avenue Alaouiyine qu’il a quitté quelques minutes auparavant,  pour une course urgente en y laissant Maati Monjib. A son retour, l’historien a disparu. A sa table, le plat tout chaud, qu’on venait visiblement de lui avoir servi, fume encore. Le journaliste cherche autour de lui, une explication. Au climat lourd qui règne et aux regards gênés des clients et du personnel, il réalise que quelque chose d’insolite vient d’avoir lieu. A la vue de l’ostentatoire dispositif de policiers en civil, le journaliste comprend  enfin que le restaurant a servi de souricière. Certains des témoins qui connaissent Maati Monjib, sont encore sous le choc. Ils racontent, médusés, la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux: l’arrivée de huit individus dans deux voitures, l’interpellation de l’historien, la demande de ce dernier à voir les cartes de légitimation ainsi que la convocation, son  refus de les suivre,  la perte de patience des policiers, leur énervement et l’interpellation musclée aux allures d’enlèvement qui a suivi. Depuis le restaurant où le temps semble avoir suspendu son vol, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, sur la toile et jusqu’à l’autre bout du monde.

Sur la forme de  l’arrestation, le Makhzen fait, ce jour-là, une fois de plus,  la démonstration de sa proverbiale cruauté,  avec un déploiement de force injustifié, contre un homme seul, diabétique, cardiaque et réputé  pour son pacifisme. L’universitaire venait, de surcroît,  de quitter son médecin qui lui avait prescrit un repos total. Il avait contracté le Covid-19,  début novembre 2020 et renoncé à plusieurs de ses activités, en raison d’une fatigue persistante.

Le timing de l’opération est également une autre forme de cruauté dont est passé maître le Makhzen qui emprisonne souvent  ses adversaires, à la veille d’une célébration ou d’une fête. Comme pour Souleymane Raissouni arrêté deux jours avant la fête de L’ « Aid-El-Fitr », qui clôture le mois du Ramadan et comme pour Omar Radi, journaliste d’investigation arrêté deux jours avant l’ « Aid-El-Kebir », commémorant le sacrifice de l’agneau par Abraham. On se souvient de la cruauté toute particulière d’Hassan II qui fit passer par les armes,  le 13 janvier 1973, jour de « l’Aid-El-Kebir », les onze aviateurs impliqués dans le putsch du 16 août 1972. Le tyran devait récidiver le 1° novembre 1973, avec Omar Dahkoun et ses quinze compagnons qu’il fit exécuter également le jour de l’« Aid-El-Kebir » suivant. Mohammed VI ne fait donc que perpétuer l’inclémence naturelle, héritée de son père.

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L’arrestation à la veille des célébrations de fin d’année porte la signature d’une expédition punitive qui, en même temps qu’elle humilie l’homme, terrorise son entourage, ses collègues mais également le commun des mortels, comme ces citoyens attablés au restaurant, ce jour-là. Nous sommes bien dans le répertoire coercitif des années de plomb. Il n’y manque que les images noir et blanc de l’époque.

Enfin l’arrestation avait d’autant moins de raison d’être que Monjib s’est toujours fait un point d’honneur de se rendre à toutes les convocations de police et à toutes les audiences de son procès pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ».

La liberté pour mantra   

Sur le fond,  l’interpellation de Monjib est un coup d’arrêt à son hyper-activisme lui  qui n’a eu de cesse de lutter pour les droits de l’homme et revendiquer une démocratisation des institutions. L’initiative survient au moment où le régime marocain est en proie à une grande nervosité, contesté qu’il est,  d’avoir renoué des relations officielles avec Israël.

De son « Centre Ibn Rochd  d’Etudes et de Communication », réputé pour la qualité de ses séminaires, ses tables rondes et ses réflexions sur les grandes questions politiques du moment, il ne subsiste que des bureaux vides mais une page internet, chargée de symbolique et qui en dit long sur le combat mené par l’humaniste et ses collègues, amis de la liberté.  A la lecture du programme d’activités, on saisit immédiatement les raisons de l’acharnement du régime sur l’institution et son président : « Formation droits humains » « formation en journalisme d’investigation », « formation en journalisme civique »…………….

Images d’un séminaire tenu par le Centre Ibn Rochd d’Etudes et de Communication

Mais pour appréhender convenablement la genèse de l’affaire Monjib et comprendre la méfiance et l’acharnement du régime à son endroit, il faut avant tout, considérer sa qualité d’historien compétent, ce qui en fait un témoin exceptionnel et objectif de son temps, donc un témoin gênant et un danger pour la monarchie marocaine habituée à travestir l’histoire du Maroc et se l’approprier pour en faire son hagiographie et son panégyrique.

Ensuite, il faut remonter à 2013. La poussière du Mouvement du vingt février vient tout juste de retomber. L’historien a  alors l’idée d’une table ronde entre gauche laïque et islamistes, afin de mettre en place une sorte de contrat social entre ces deux extrêmes du paysage politique marocain.  Maati Monjib franchit, ce jour-là, le Rubicon en enjambant la ligne rouge tracée par la monarchie qui s’est toujours acharnée à diviser pour mieux régner.  Lors du Mouvement du Vingt Février, Mohammed VI  avait senti le vent du boulet qui venait de frôler son trône, lorsque les militants des deux bords, laïcs et islamistes,  s’étaient donné la main,  déplaçant  des centaines de milliers de manifestants dans les villes marocaines pendant plusieurs semaines avant que la zizanie instrumentée par les semeurs du régime ne fissure cette harmonie.

En novembre 2014, à force de harcèlement et d’interdictions, Monjib met temporairement la clé sous la porte du 44, Rue Oued Sebou,  à Rabat.

Le militant paie le prix fort pour sa création de l’Association Marocaine du Journalisme d’Investigation (AMJI), de « Freedom Now », et sa très grande proximité avec l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH). Hassan II est mort, mais le Palais qui a la mémoire longue ne pardonne toujours pas à l’universitaire son livre, préfacé de surcroît par Gilles Perrault, l’auteur de « Notre ami le roi » : « La Monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir : Hassan II face à l’opposition nationale, de l’indépendance à l’état d’exception » dans lequel l’auteur dissèque les mécanismes de mise en place du despotisme de 1955 à 1965.

Politologue vs police politique

Dans une interview accordée le 14 janvier 2020, à Mohamed Al-Ibrahimi de la chaîne « Al Shahed TV», Maati Monjib  qualifie de mensonges,  les accusations qui lui sont portées, de financements étrangers servant à faire campagne contre son pays. Il questionne ses accusateurs sur « les raisons qui les font se contenter de menaces de poursuites au lieu de lui intenter un procès, puisque le crime était avéré ». L’arrestation du 29 novembre ressemble, en tous points, à une réponse à la question posée par l’historien. Ce dernier fait, au cours de l’interview, une révélation à propos des journaux qui le diffament régulièrement  depuis plusieurs années. Il dit :

-«  Ces gens qui, jusque-là, prétendaient faire du journalisme, n’hésitent plus, aujourd’hui,  à se revendiquer de la police………Celle-ci est, à présent, partie prenante du pouvoir. Elle participe aux prises de décisions, à la répression des libertés, fait pression sur l’information et participe de la diffamation des citoyens, depuis les sites d’information lui appartenant.………….C’est là un grand danger pour le pays et pour le régime ».

En quelques mots, le politologue vient de mettre un nom sur le système répressif mis en place par Mohammed VI : police politique. Un peu plus loin, il met l’acharnement du régime au compte de sa qualité de politologue,  traduit en plusieurs langues et qui ne se contente pas de dénoncer la répression mais s’attache à en expliquer les dessous. Il rappelle que le parquet dépend complètement  du Palais. Une  affirmation largement confirmée par plusieurs procès intentés à l’international et qui virent le Maroc débouté face à la justice de pays qu’on peut difficilement cataloguer parmi les adversaires du nôtre. On peut notamment  citer le classement sans suite par la justice espagnole en mai 2015 de la plainte contre El Païs,  pour sa publication de la vidéo d’Aqmi. On peut également citer le verdict rendu par la Cour d’appel de Paris,  le 9 juin 2016, dans le procès en diffamation intenté contre Zakaria Moumni.

Mais le cas le plus emblématique reste tout de même,  l’affaire DeJoria en 2014 qui démontre de façon magistrale combien la justice marocaine a perdu toute crédibilité et comment elle est perçue comme totalement inféodée au Palais :

Quarante-six fois le roi

12 août 2014, alors que quatre journaux ont  disparu sous les coups de boutoir du régime et qu’un journaliste a écopé d’une condamnation à la prison et à une interdiction de sa profession pour dix ans, alors que la justice du Makhzen a rattrapé la quasi-totalité des meneurs du Mouvement du Vingt Février, un juge texan, inconnu jusque-là, déboute la justice marocaine qui requiert de lui, l’exécution de son jugement de 2009 condamnant les américains John Paul DeJoria et Michael H. Gustin à payer cent vingt-trois millions (123.000.000) de Dollars à leurs associés marocains Abdallah Alaoui, cousin de Mohammed VI, Mohamed Benslimane, Othman Skiredj, frère du général d’aviation Boubker Skiredj, aide de camp de Mohammed VI  et Abdou Saoud, consul honoraire du Maroc en Californie.

L’affaire qui avait débuté en 2000, autour du gisement chimérique de pétrole de Talsint, s’achève pitoyablement pour les co-venturers marocains. Dans leur cupidité, ces derniers avaient tenté d’évincer les deux associés américains, en cours de route en ourdissant une augmentation de capital, par le truchement d’un nouvel associé.

Cour fédérale de justice à Austin Texas

Le juge texan,  James R. Nowlin affirme, preuves à l’appui, que la justice marocaine est soumise au roi qu’il ne cite pas moins de quarante-six (46) fois dans ses attendus. Il écrit :

Un jugement étranger ne peut être reconnu au Texas, s’il émane d’un système aux procédures incompatibles avec le respect de la loi………..Compte tenu des antécédents du roi, en terme de représailles, non seulement contre les juges qui lui déplaisent, mais aussi tous ceux qui mettent en cause sa version relative à son implication dans l’affaire Talsint, la cour ne peut absolument pas concevoir que le président du tribunal qui a eu à juger cette affaire, n’ait pas senti une pression énorme pour se ranger du côté marocain. En effet, le prince avait un intérêt économique et le comportement du roi suggère une forte préférence pour que DeJoria soit dépeint comme le fraudeur qui a trompé sa vigilance (sans quoi, le roi pourrait rétrospectivement apparaître comme malhonnête, incompétent ou les deux à la fois).»

En page 20,  de son verdict, James R. Nowlin, s’appuie sur les propres aveux en mars 2011,  de Taieb Fassi-Fihri, alors ministre des affaires étrangères qui reconnaissait, devant le « Brookings Institution » à Washington qu’il y avait bien « une justice du coup de téléphone » dont « l’indépendance n’est pas encore une réalité ». Il poursuit :

« Tant le rapport de l’USAID, que les commentaires du ministre des Affaires étrangères, dépeignent un système dont les juges subissent d’énormes pressions qui les contraignent à rendre des verdicts conformes aux vœux de la famille royale et son entourage. Et ce sont les juges eux-mêmes, qui en ont apporté l’illustration la plus éclatante, le 6 octobre 2012, lorsqu’un millier d’entre eux a mené un sit-in devant la cour suprême, réclamant l’indépendance de la justice. »

Le 13 aout 2014, Eugene Volokh, du Washington Post rend compte du verdict, en illustrant son article par de larges extraits empruntés au rapport de l’USAID « Morocco Rule of Law report » et qui sont accablants pour Rabat. Il écrit :

« Il existe une perception largement répandue (parmi les citoyens marocains) que la corruption est tolérée, que les élites politiques et sécuritaires agissent en toute impunité, et que des mesures drastiques sont prises contre tous ceux qui voudraient défier le pouvoir. »

C’est le même Washington Post qui, le 19 mai 2014, avait interpelé le Maroc à propos de l’affaire Ali Anouzla : « Il est évident que le monarque craint le journalisme libre qui soulève des questions gênantes sur sa gouvernance. Telle est la peur bleue des autocrates partout. Ils craignent une presse libre et un débat ouvert à même de saper leur légitimité. »

Une autre constitution pour rien

Six années ont passé depuis le fameux délibéré du juge James R. Nowlin et rien n’a changé au Maroc, sinon en pire. Les condamnations injustes de journalistes et l’acharnement dont font l’objet militants, activistes ou de simples citoyens manifestant pour leur dignité, confirment que la justice obéit toujours aux instructions du Palais.

Dans « Morocco Rule of Law report 2020 », intitulé « The Legal System of Morocco An Overview », Leila Hanafi, juriste maroco-américaine à la fondation Konrad-Adenauer-Stiftung, écrit :

La Constitution de 2011 étend le champ d’application de l’article 82 de la Constitution de 1996 en précisant le rôle direct du roi dans l’indépendance de la justice. L’implication de ce dernier dans la supervision de la justice, va à l’encontre des obligations du Maroc, signataire du (Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques) PIDCP………………………L’opinion émise par les juges concernant l’implication excessive du pouvoir exécutif dans les fonctions judiciaires a été reprise par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et systèmes judiciaires étrangers. L’exécutif, agissant par l’intermédiaire de la Haute Cour de justice, contrôle la nomination, la promotion, les procédures disciplinaires des juges…………….le recrutement et le maintien en poste des juges et l’impact que le pouvoir exécutif peut ainsi avoir sur leur carrière.

La pratique consistant à utiliser la promotion et le transfert, comme moyens de contrôle des juges a également été critiquée pour sa tendance à limiter l’indépendance du secteur judiciaire. Ce moyen de contrôle peut être utilisé comme une forme de sanction discrète pour les juges, qui peut être appliquée sans procédure disciplinaire formelle et sans motif de sanction légalement justifié…………………… Le fait d’être forcé de déménager dans un lieu de transfert éloigné, où les conditions de vie sont inadéquates, pourrait dissuader les juges d’agir contre leurs supérieurs hiérarchiques. Un rapport de 2010 parrainé par des donateurs internationaux sur le Maroc indique que le système judiciaire actuel est perméable à l’influence politique. Les mécanismes par lesquels les juges sont  nommés, promus, sanctionnés et démis de leurs fonctions les exposent à des représailles politiques. Il a également été utilisé pour contraindre les juges qui, dans l’espoir de possibilités d’évolution de carrière, mettent entre parenthèses leur indépendance.»

A la lecture de ce qui précède, on comprend un peu mieux pourquoi Maati Monjib et les amis de la liberté, poursuivent leur combat incessant contre l’injustice et la corruption. Aux premières heures de la confection de la constitution de 2011, les défenseurs des Droits humains avaient alerté l’opinion publique sur la « tromperie » qui se concoctait, dans l’entre-soi, sous les lambris du Palais, en lieu et place d’une constituante comme le réclamait le peuple marocain. On se souvient  de la conférence sur le Printemps arabe, à Clermont-Ferrand,  le 4 septembre 2011, au cours de laquelle Zineb El Rhazoui avait rappelé à Driss El Yazami les réalités du régime marocain.

Le 14 décembre 2020, Maati Monjib répercutait sur sa page Facebook un article de Courrier International intitulé « Comment le Mossad a aidé le Maroc à tuer Ben Barka ». Ce n’est pas tant l’article que le commentaire accompagnant ce dernier qui a sans doute valu à l’intellectuel la brutalité de l’intervention policière du 29 décembre et sa mise en détention depuis. Il écrit :

-« Le sommet arabe de Casablanca, septembre 1965

Coup double pour Hassan II et un coup de poignard dans le dos des Arabes !

À la suite d’une grande enquête du journal israélien « Yediot Aharonot », publiée en mars 2015, on apprend l’impensable, sur les dessous et les liens entre deux grands événements : la guerre des six-jours, 5-10 juin 1967 et l’enlèvement de Ben Barka, le 29 octobre 1965. À la faveur de la déclassification de certaines archives des services secrets israéliens, deux Généraux, à la retraite, et anciens responsables de ces services divulguèrent la collaboration entre Hassan II et Israël et la trahison, avérée, de la cause arabe, lors du sommet de Casablanca, du 13 au 18 septembre 1965.

Ces révélations font partie maintenant du domaine public. Les détails révélés donnent le vertige et la nausée et jettent une ombre sur le rôle que s’attribua Hassan II comme « Président du Comité Al Qods ». Le deal machiavélique proposé par Hassan II aux israéliens : Aidez-moi à mettre la main sur Ben Barka, je vous aide à neutraliser Nasser. Tout simplement !

Lors du sommet arabe de septembre 1965 à Casablanca, l’agenda principal était de faire un diagnostic sur l’état des forces arabes et de les préparer à une confrontation avec Israël. Les discussions à huis-clos incluaient, une fois n’est pas coutume, les chefs d’États-Majors arabes. Tout fut enregistré et fourni aux Israéliens, selon les dires des Généraux Israéliens interviewés. En contrepartie, les services israéliens filèrent Ben Barka, à Genève notamment, pour l’amener dans un traquenard où l’attendaient ses bourreaux à Paris. On parla même de collusion entre différents services secrets : israéliens, marocains, français et américains.

Tout a été mis en place pour faire disparaitre cette icône du tiers-monde. Premier bénéficiaire : Hassan II qui fit un coup double : il se débarrassa de Ben Barka et neutralisa Nasser dans sa confrontation avec Israël et son leadership du monde arabe, du même coup. Gros perdants : le peuple marocain, la cause palestinienne, les Arabes et la Tricontinentale amputée de sa tête pensante. Sacré coup de Hassan II, plein de schizophrénie ! »

Pourtant, l’historien ne faisait qu’énoncer en quelques lignes les faits d’alors.

Depuis le 29 décembre 2020 au soir, un homme épris de liberté et grand défenseur des droits de ses semblables, dort en prison. Tout ce que compte le monde civilisé de consciences et d’organisations de défense des droits humains, a pris sa défense et dénoncé cette énième arrestation menée par le Maroc. Une nouvelle bévue impardonnable de Mohammed VI qui persiste à les cumuler, dans l’espoir vain de faire taire la contestation. Pas un seul coin du pays n’échappe désormais à la dénonciation des méthodes contestables du pouvoir et de son aveuglement. Pas une seule prison ou si peu où ne se côtoient, les consciences et les misérables, réunis dans le plus juste des combats, pour les uns, comme pour les autres, celui  pour la liberté, la dignité et la justice.

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