Communiqué – Comité France: Rien ne justifiant la détention préventive et arbitraire de Soulaiman Raissouni, nous exigeons sa libération !

Communiqué du 30 mars 2021

À peine libéré, l’historien et défenseur des droits humains Maâti Monjib, toujours sous le coup d’une condamnation pour laquelle une audience en appel est prévue le 8 avril prochain, continue de rester solidaire des prisonniers d’opinion, tout comme le comité qui le soutient en France. Nous restons en effet mobilisés, avec tous ceux et celles qui ont participé à nos actions pour soutenir Maâti Monjib et réclamer sa libération, tant que ce dernier ne sera pas blanchi de toutes accusations et tant qu’il y aura des prisonniers d’opinion dans les geôles marocaines.

À commencer par le journaliste Soulaiman Raissouni convoqué par la justice ce mardi 30 mars 2021 alors qu’il est sous les verrous depuis le 22 mai 2020. Sa ligne éditoriale critique a fait de lui l’un des meilleurs éditorialistes de ce qui fut la presse indépendante au Maroc. Son éthique de journaliste respecté s’illustra comme rédacteur en chef du journal Akhbar al-Yaoum, suite à l’arrestation et la condamnation à 15 ans de prison ferme de son directeur de publication, Taoufik Bouachrine pour viol, tentative de viol et traite d’êtres humains. Soulaiman Raissouni est aussi un activiste des droits humains et de la liberté d’expression engagé dans plusieurs associations. Il est aussi co-fondateur de plusieurs comités de soutien à ses confrères journalistes en prise avec le pouvoir marocain (tels Ali Anouzla, Ali Lamrabet, Taoufik Bouachrine, Hamid el-Mahdaoui, Hajar Raissouni, Omar Radi -pour ce dernier, une audience devant le tribunal est prévue le 6 avril prochain). En 2019-2020, Soulaiman et sa famille ont subi une féroce campagne de harcèlement et diffamation avant qu’il ne soit arrêté de façon spectaculaire le 22 mai 2020. Il a été placé en détention préventive, à l’isolement total dans des conditions très difficiles à la prison d’Oukacha à Casablanca, pour viol avec violence et séquestration. Non seulement de telles accusations ne justifient pas une arrestation aussi brutale mais, en plus, Soulaiman Raissouni présente toutes les garanties requises pour comparaître devant la justice dans le cadre d’un procès équitable. Elle était donc et demeure arbitraire. Le procès, lui, s’est ouvert sans garantie des droits de la défense le 9 février. Une nouvelle audience le 2 mars a été reportée au 30 mars. Il est à noter que plus d’une cinquantaine d’avocats sont venus à la barre pour le défendre ! Rien ne justifiant la détention préventive et arbitraire de Soulaiman Raissouni, nous exigeons sa libération !

Toutes ces arrestations et détentions arbitraires aux motifs de délits de droit commun inventés de toutes pièces masquent des procès d’opinion visant à faire taire toute voix libre et démocratique dans un Maroc qui s’enfonce toujours un peu plus dans le fait du Prince.   

Nous réaffirmons donc toute notre solidarité aux journalistes arbitrairement et injustement détenus ainsi qu’à tous les prisonniers d’opinion au Maroc.

Le comité France de soutien à Maâti Monjib

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