Le comité France réaffirme son soutien à Maâti MONJIB qui vient d’entamer une grève de la faim

Le comité France de soutien à Maâti MONJIB, Soulaiman Raissouni et Omar Radi réaffirme tout son soutien à l’historien journaliste et activiste Maâti MONJIB qui vient d’entamer une grève de la faim pour protester contre la privation de certains de ses droits élémentaires : accéder aux soins médicaux spécialisés, voir sa famille et participer aux colloques académiques.

Maâti Monjib a été arbitrairement arrêté et détenu à l’isolement pendant presque trois mois dans le cadre d’une enquête. Pendant cette détention, il a été condamné sans que ni lui ni ses avocats n’aient été informés de l’audience alors qu’il s’était, jusque-là, toujours présenté aux convocations de la police et de la justice. Malgré cette condamnation inacceptable car en violation du droit à la défense, il n’a été libéré qu’après 20 jours de grève de la faim. De nouveau libre, la pression sur lui n’a malheureusement pas cessé et il fait de plus en plus les frais de méthodes qui tendent à l’isoler, dans son propre pays. Ses avoirs ont été gelés et il ne peut effectuer aucune transaction bancaire (compte bloqué) ou vente de bien. Que cherche le pouvoir marocain ? l’affamer et l’asphyxier ?

Cette décision constitue une violation flagrante de l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme**

Reconnu internationalement pour ses compétences, il a répondu favorablement à l’invitation du laboratoire de recherches CNRS UMR 7324 CITERES / Équipe EMAM rattaché à l’université de Tours qui organise un colloque ce 14 octobre et dont les membres organisateurs comptent sur lui pour faire une communication. De plus, Maâti Monjib n’a pas vu sa famille résidant dans le Sud de la France depuis plusieurs mois et il envisageait de s’y rendre, tout comme d’honorer son rendez-vous médical fixé par son cardiologue. En effet, chaque année, M. Monjib voit son cardiologue qui lui délivre des ordonnances de médicaments pour sa pathologie chronique, ce qu’il n’a pu faire cet été

Cependant, en arrivant à l’aéroport, ce 13 octobre, il a été empêché par la police aux frontières de prendre l’avion sans qu’aucune explication ne lui soit fournie sur cette nouvelle interdiction de quitter le territoire marocain.

Le comité France condamne vivement ces méthodes qui visent à empêcher arbitrairement Maâti Monjib d’accéder à ses droits élémentaires et s’apparentent à un acharnement tant policier que judiciaire dont il est victime depuis au moins 2015.

Paris, le 13 octobre 2021

**Article 25 1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

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